On savait que l’arrivée de LEE Myung-Bak à la présidence de la République (Corée du Sud) mènerait le pays vers une politique d’économie libérale mais on était probablement loin de s’imaginer que ce ‘libéralisme’ irait jusqu’au coeur d’une prérogative nationale (pour ne pas dire nationaliste) : l’enseignement.
Tout gouvernement d’un pays souhaite généralement garder le contrôle et l’organisation de son enseignement. Il en tire même parfois une certaine fierté de voir ses jeunes sortir de l’école avec un niveau d’éducation élevé. Dans le cas de la Corée du Sud, l’organisation de l’enseignement est plutôt atypique par rapport à celui que nous connaissons en Europe.
En Corée du Sud, il existe de très nombreuses écoles et universités privées. Le rôle de l’Etat étant plutôt minime et l’enseignement dit ‘officiel’ réduit à une peau de chagrin, incitant les parents à s’endetter pour envoyer leurs progénitures dans les instituts privés !
Non content de cette situation un peu particulière, le gouvernement coréen veut pousser encore plus loin la dérégularisation de l’enseignement en permettant à des institutions étrangères d’ouvrir des écoles, moyennant quelques critères de bases à satisfaire (p.ex. enseignement en coréen, histoire coréenne, etc.). Une des raisons évoquées est qu’il y a une “fuite” de plus en plus grande d’étudiants coréens étudiants à l’étranger (Etats-Unis en tête).
A l’analyse, et sans être un pro-nationaliste, on serait fortement tenté de dire qu’une telle dérégularisation ne résoudera que très partiellement le problème de la qualité de l’enseignement ‘officiel’ coréen. Au contraire, on le voit déjà, un fossé se creuse de plus en plus entre ceux qui n’ont pas d’autres choix que de suivre l’enseignement officiel de l’Etat et les autres qui ont les moyens (financiers) de suivre des cours dans des lycées privés.
Enfin, on ne peut s’empêcher de penser que LEE Myung-Bak confond “l’Excellence” à la “Performance” (et par extension, “Concurrence”). Le système éducatif coréen est devenu tel qu’il ne pousse plus à l’excellence mais bien à la performance en s’appuyant sur la ‘concurrence’. Un tel système mènera d’une manière ou une autre à une dérive qui sera ingérable à terme. Seul l’avenir nous le dira …
Source : “Seoul set to cut red tape on education” © Yonhap
